ETIK ou rien ?

Après s’être occupée pendant des années du magazine municipal Votre Ville, Mathilde Gorges (fille de Jean-Pierre Gorges), lance EPIK ou rien, un magazine culturel local. Un projet entrepreneurial… qui n’est pas sans poser des questions de conflits d’intérêts.

En avril dernier, la loi de moralisation de la vie publique avait contraint Mathilde Gorges à quitter son poste de rédactrice en chef de Votre Ville. Elle occupait cette fonction depuis 2012, date à laquelle elle avait quitté son emploi d’assistante parlementaire de Jean-Pierre Gorges, son père. En janvier 2017, en plein cœur de l’affaire Fillon, elle avait déclaré à propos de son travail municipal devant la caméra de BFM TV « mon père m’appelle jour et nuit. Je n’ai pas de week-ends, je ne compte pas mes heures ».

Le premier numéro de son magazine culturel qui paraitra trimestriellement a été lancé en octobre au prix de 1€ (il passera à 2e dès le mois de janvier). A la une, Chartres en Lumière, avec une photo de couverture qui…ne semble pas avoir été prise à Chartres. A l’intérieur, il fait pourtant la part belle aux publicités payées par des commerces chartrains… et des collectivités locales.

Parmi les annonceurs que Mathilde Gorges a donc réussi à convaincre, Chartres Métropole (présidé par Jean-Pierre Gorges) et le Conseil Général (contrôlé par une majorité de droite, dont des proches de Jean-Pierre Gorges comme Elisabeth Fromont, Franck Masselus ou encore Karine Dorange). Nous ne savons rien de la somme qui leur a fallu débourser pour apparaitre dans ce premier numéro d’EPIK ou rien. On peut leur faire confiance pour avoir ardemment négocié les prix….

Les entreprises locales sont aussi nombreuses à avoir accepter de mettre un encart publicitaire dans EPIK ou rien. Pour certaines, cela allait de soi, comme par exemple pour l’entreprise familiale Lorillard, dirigée par Loïc Bréhu jusqu’à sa récente condamnation. Proche de Jean-Pierre Gorges et plus gros entrepreneur chartrain, il était aussi Vice-Président de Chartres Métropole en charge du développement économique.

Quant à d’autres commerces ayant acheté une page de publicité (bars, restaurants, discothèque…), il leur était peut-être difficile de dire non à la fille du Maire de Chartres. Celui-ci a en effet un certain nombre de prérogatives : il peut par exemple prendre un arrêté municipal sur les horaires de fermeture des bars.

En bref, avec ce nouveau magazine les conflits d’intérêts potentiels (ou non) sont nombreux… A la Gazette Chartraine, nous avons pour notre part choisis d’être ETIK ou rien.

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